Du Cognac au Yak : pass the Courvoisier !

Chaque seconde, cinq bouteilles de Cognac sont vendues dans le monde. En 2011, plus de 50 millions de bouteilles ont été vendues aux États-Unis, dont les trois quart ont été consommées par les Afro-Américains. Comme avec le Champagne ou le muscat (Moscato, plus récemment), de nombreux rappeurs font référence à l’alcool charentais. Une publicité mieux acceptée à Cognac qu’à Reims

La vidéo la plus connue ? « Pass the Courvoisier » (2002, visionnée plus de 8,5 millions de fois sur You Tube).

De nombreuses raisons ont pu être invoquées pour comprendre cet engouement pour le Yak. Contre-culture, signe extérieur de richesse, ivresse rapide.
Et puis le rôle des stars du rap ou du R&B entretient le phénomène. Avec Beyoncé par exemple ; on remarquera les bouteilles de Champagne ou de Cognac sur les tables de la boîte de nuit.

Une autre hypothèse, à confirmer : le film Scarface (1983), référence culte dans la communauté afro-américaine. Il semble bien que le personnage joué par Al Pacino consomme du cognac à la fin du film.

A Nation of Wineries

Le New York Times vient de mettre en ligne une splendide carte interactive : A Nation of Wineries.
On y voit la spectaculaire progression du nombre de wineries (les entreprises qui produisent le vin, dont les raisins peuvent être achetés à des producteurs, les grape growers).
De 1937 à 2013, les entreprises produisant du vin ne cessent de se développer.

Des cartes que l’on pourra corroborer avec les statistiques annuelles du Wine Institute.
Et que l’on pourra aussi comparer à l’évolution de la France, non pas en termes d’entreprises, mais de superficies cultivées. Hormis dans la périphérie de certaines grandes agglomérations, et à l’exception de la Champagne et de l’Alsace, la vigne s’est considérablement rétractée.

Il y aurait beaucoup à dire sur ces évolutions contrastées entre les États-Unis, et de façon générale le Nouveau Monde, et la France ou l’Europe. Ou, en changeant d’échelle, entre l’aire Pacifique et le pourtour méditerranéen.

Retenons pour l’instant que ce dynamisme touche aussi la façon de dire ou de penser le vin. On l’a vu avec la publicité, on le verra avec la musique ou le cinéma.

Investissements chinois à Bordeaux… et ailleurs

Il n’est pas de grand vignoble qui ne soit concerné par les investissements étrangers : la Champagne (citons les Heidsieck, Krug), le Porto (Croft, Niepoort), et bien sûr Bordeaux (avec par exemple les négociants Cruse ou Schroder & Schyler). Autant de noms qui témoignent d’échanges importants depuis le XVIIe siècles (et même avant) entre les vignobles européens et les régions consommatrices du Nord de l’Europe. Le quartier des Chartrons à Bordeaux, dévolu au négoce du vin, témoigne par son temple protestant de cette histoire.

Avec la globalisation de la planète des vins, les investissements changent d’origine : américaine hier encore, chinoise aujourd’hui. Et la « Place de Bordeaux » ne cesse de bruire de nouveaux achats : les plus récents sont ceux du château Loudenne (Médoc) ou encore de certaines propriétés de l’oenologue Michel Rolland. Même CNN en parle.

Plusieurs remarques à ce propos. Tout d’abord, cela se produit dans un contexte général de ventes qui pour certaines d’entre-elles passent assez inaperçues (par exemple Calon-Ségur ou un château moins connu mais acquis par le marchand anglais Laithwaites). Certains groupes comme Clarence Dillon (déjà propriétaire des châteaux Haut-Brion et La Mission Haut-Brion) mènent depuis quelques temps d’ambitieux achats de domaines : Tertre Daugay (rebaptisé Château Quintus), le Domaine Allary Haut-Brion, et plus récemment le Château L’Arrosée. Enfin, des investissements chinois sont également effectués dans d’autres vignobles, en Bourgogne (région dans laquelle un déchaînement de xénophobie est apparu), mais surtout en Californie, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Un responsable du groupe COFCO a déclaré qu’il y aura bientôt des vins Great Wall [Grande Muraille] produits en Chine, mais aussi en Australie, au Chili et en France… Il est remarquable de noter que Christie’s a ouvert à Hong-Kong une agence spécialisée dans la vente de domaines viticoles.
À vignobles globalisés, stratégies globales.

Mais paradoxalement, des résistances régionales ? Si l’on compare la carte des principales rénovations architecturales, et celle des investissements d’origine chinoise à Bordeaux, on voit qu’elles ne se superposent pas.

Les Principales rénovations et créations architecturales à Bordeaux

Les Investissements chinois dans le vignoble bordelais

Alors que la première fait apparaître les espaces les plus réputés du vignoble bordelais (Médoc, Saint-Émilion, et Pessac-Léognan), les achats de domaines par les Chinois se font plutôt en périphérie : extrémité Nord du Médoc, marges de Saint-Émilion, lointain Entre-Deux-Mers. Manque de réseaux ? Difficultés à pénétrer le monde du vin bordelais ?

Vignoble de Jerez (Andalousie) : des paysages urbains

Certaines villes du vin sont marquées par une portion de leur urbanisation entièrement dévolue au stockage du vin et à son vieillissement. Bordeaux bien sûr (avec le quartier des Chartrons), Porto (ou plutôt Villa Nova de Gaia située de l’autre côté du fleuve Douro), Cognac. Une caractéristique que l’on ne doit pas trouver dans le Nouveau Monde, sinon à une échelle bien moindre, comme à Santiago-du-Chili. Et encore…

Jerez de la Frontera, El Puerto de Santa Maria et Sanlucar de Barameda, présentent des paysages urbains marqués par de vastes chais. Des îlots entiers de l’urbanisation sont formés par la succession de longs édifices blancs, seulement ouverts de quelques fenêtres qui permettent le rafraîchissement des édifices la nuit.

Une odeur d’alcool et de vin envahit certaines rues ! Des bodegas imposantes, couvertes de tuiles canal, qu’une vue depuis le château de Sanlucar permet de dévoiler.

A l’intérieur, une architecture spectaculaire qui fait comparer ces chais à des cathédrales (« bodegas catedrales »).

Ils permettent l’élaboration des vins oxydatifs (on se reportera au paragraphe « Vinification et élevage » de Wikipedia ) qualifiés par les Anglais de Sherry.

En effet, ces vins ne se comprennent pas sans les commerçants britanniques. Avant la création de Signes de qualité (Denominación de Origen) en 1933, les vins pouvaient être finalisés dans les entrepôts de Londres ou de Bristol. En témoignent les « Bristol Cream ».


Comme pour d’autres vignobles (Porto, Cognac, Marsala), une partie des descripteurs utilisés est d’origine anglaise. Aussi, qu’il s’agisse de négociants espagnols ou britanniques, c’est bien l’aval de la production qui est privilégié ici. Les vins sont vendus sous le nom de marques commerciales, la plus connue étant « Tio Pepe ». Les campagnes sont donc placées directement sous l’emprise de la ville : les paysages en sont l’exact reflet.

Même architecture, mêmes couleurs blanches et ocres, qui s’intègrent très bien aux terres blanches (tierras albarizas, constituées de diatomées). Et une densité humaine très faible. Hormis quelques bâtisses dispersées (à la tête de grands domaines de propriété urbaine), ce vignoble se définit par son caractère peu peuplé.

Ce qui est plutôt rare ; on est loin de la Côte bourguignonne (et d’une bonne partie des vignobles en Appellation d’Origine Contrôlée), de la Toscane ou du Rheingau. L’essentiel des agriculteurs résidait donc dans ces « agro-villes » que sont Sanlucar ou Trebujena.
De ce fait, l’activité touristique liée au vin est en ville. Il n’est d’ailleurs pas sûr que grand monde aille visiter les campagnes périphériques. Hélas.

Vinexpo : réflexions sur un monde du vin en recomposition

Ce qui frappe à Vinexpo, c’est le caractère mondialisé du vin. Tant par l’origine des visiteurs présents (il faudra attendre les chiffres pour en avoir une idée précise) que par celle des exposants. Toute la planète du vin paraît présente. Les grands pays producteurs de vin sont bien représentés (France, Italie, Espagne ; Chili, Argentine, États-Unis pour le Nouveau Monde) mais aussi des pays plus inattendus : le Mexique, le Canada, ou le Japon. Ou la Turquie !

Un caractère globalisé que certaines entreprises n’hésitent pas à afficher.

A l’inverse, certains producteurs privilégient le micro-terroir, le cépage complètement inconnu, ou le caractère unique de leurs vins ou de leurs paysages. Small is beautiful ; le terroir est le nec plus ultra.

La malvoisie noire, un cépage toscan oublié

La malvoisie noire, un cépage toscan oublié.

Le salon lui-même est l’objet d’un jeu planétaire lié aux dynamiques viti-vinicoles. Alors que la London Wine Fair accuse un certain déclin (probablement lié à la perte d’influence du Royaume-Uni dans la longue durée) qui a choqué certains commentateurs anglais (« The Fall of the British Wine Empire » écrit Tim Atkin MW*), le salon allemand Prowein s’affirme comme le nouveau grand salon des vins. Au détriment de Vinexpo.

* MW : Master of Wine. Voir l’article dans Slate.

Le différentiel entre le nombre d’exposants en Allemagne et en France le montre bien. Düsseldorf est devenue la vitrine des vins de la Mitteleuropa, des anciens pays de l’Est, mais aussi du Nouveau Monde.

Cela reste à confirmer, mais il semble qu’à mesure que la planète des vins se globalise, l’Allemagne tende à prendre un ascendant sur le monde. Comme dans d’autres domaines de l’économie. On remarquera aussi l’importance des États-Unis et de la Chine (avec trois salons, dont deux à Hong-Kong).

NB : le cercle pour l’Italie est transparent car le salon associe en fait d’autres salons (huile d’olive, machines).

Le monde des vins connaît de profonds réajustements depuis le milieu des années 1980, date d’apparition des vins du Nouveau Monde sur la scène internationale.

La France, futur État le plus « sec » à l’Ouest du Golfe Persique ?

Avec la publication du rapport du Pr. Reynaud Les Dommages lies aux addictions et les stratégies validées pour réduire ces dommages remis à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), comment ne pas évoquer cette remarque de Jancis Robinson ? « La France a développé l’une des politiques anti-alcool parmi les plus strictes à l’Ouest du Golfe Persique ». Bientôt un des États parmi les plus « secs » ? Prendre « sec » au sens de « dry », terme utilisé pendant la Prohibition américaine pour évoquer les États dans lesquels la vente d’alcool était interdite. On n’en est pas là, mais tout de même.
Le rapport, je cite, propose « d’encadrer la publicité en s’appuyant sur les deux principes initiaux
de la loi Evin
 ». Et donc : « concernant les supports, interdire les médias qui s’imposent à tous types de récepteurs et potentiellement les mineurs : l’affichage sur la voirie et les lieux publics (sauf dans les communes de productions viticoles), l’internet (sauf les sites des producteurs) et les réseaux sociaux ; concernant les contenus, limiter la communication sur les qualités objectives des boissons. » (p. 56). (C’est moi qui souligne). Bien sûr, la blogosphère sur le vin bouillonne ! Une pétition est déjà lancée, et certains sites en France ou à l’étranger se font l’écho de cette nouvelle salve du lobby anti-alcool en France.
Où commence la promotion du vin ? Faire l’analyse d’une bouteille envoyée par un professionnel à l’auteur d’un blog, est-ce de la publicité ? Si oui, il suffirait que le site soit hébergé à l’étranger pour contourner cette mesure. Comme le fait la télévision spécialisée dans le vin, Edonys, qui émet depuis le Luxembourg.
Qu’est-ce qu’une « qualité objective » du vin ? Des arômes ressentis à la dégustation ? Alors que dire d’un goût minéral, dont on sait très bien qu’il s’agit d’un descripteur éminemment culturel… Comme le goût de manière plus générale.

Il existe à l’évidence des problèmes d’alcoolisme, et notamment chez les jeunes avec le binge drinking ; une politique d’interdiction ne mène pas à plus de modération. Certains historiens américains expliquent d’ailleurs que les consommateurs se sont davantage tournés vers les alcools forts pendant la Prohibition, de façon à atteindre plus rapidement l’ivresse, à moindre prix… L’inverse du résultat attendu.

Vins australiens : une nouvelle approche

A mille lieux de l’image que nous donnons de nos vins et de nos vignobles, une publicité de l’État d’Australie méridionale (South Australia) pour la vallée de la Barossa. Musique de Nick Cave and the Bad Seeds (voir le film Les Ailes du Désir de Wim Wenders – 1987), images sensuelles, violentes aussi, forte présence féminine, acteurs de 30-40 ans. On devine le public visé.

Cette seconde vidéo s’inscrit dans la même veine.

Le but : faire de l’Australie méridionale une région à forte identité en matière de gastronomie et de vin. Pour le ministre du tourisme Leon Bignell, « cette campagne de publicité aidera à renforcer l’image de l’Australie méridionale comme destination gastronomique et viticole de choix, promouvoir la Barossa aura un effet sur le reste de l’État. »
Mais c’est aussi l’occasion pour l’Australie de chercher à modifier l’image très dégradée de ses vins. La croissance exponentielle des exportations de vins australiens en direction du Royaume-Uni et des États-Unis, à partir du milieu des années 1980, s’est faite grâce à des vins industriels, faciles à boire, vendus à des prix modiques en supermarchés, avec un marketing décoiffant.

On se rappellera le choc que fut le design des bouteilles de Casella Wines (marque Yellow Tail) dans le monde feutré de la vigne et du vin.

Des codes qui rappellent plus la bière ou les premix que le vin, sans doute pour la première fois un animal sur une étiquette (rompant avec l’esthétique vieux parchemin / écriture gothique des bouteilles européennes), l’utilisation de signes de ponctuation qui renvoient à Internet… Difficile de monter en gamme avec de tels vins, et l’Australie souffre à présent d’une grave crise de mévente.

Le pays cherche donc à promouvoir des vins de meilleure qualité, produits par des familles et non des industriels, en direction de son propre marché (et oui, l’Australie aussi boit de plus en plus de vin) mais aussi de l’Asie. Une attention accrue est donnée aux questions d’imaginaire culturel sans lesquelles il est difficile de vendre des vins à forte valeur ajoutée.

Les vins du Président

Les 30 et 31 mai, des vins provenant du palais de l’Élysée seront vendus lors d’une vente au enchères. D’après le catalogue, « le produit de cette vente sera destiné à renouveler en partie la cave de l’Élysée, avec le souci d’y faire, comme il est de tradition, place tant aux grandes propriétés qu’aux petits vignobles moins réputés, et de faire apprécier aux invités de la Présidence de la République la variété de nos terroirs. » On ne connaît certes pas le contenu intégral de la cave, mais ce qui est vendu montre une polarisation très prononcée sur les grandes régions viticoles françaises, Bordeaux et Bourgogne en tête.

Difficile de savoir si la carte est représentative de l’ensemble de la cave présidentielle (la Champagne paraît tout de même peu représentée), mais elle montre une géographie du vin assez classique. On notera tout de même la forte présence de l’Alsace, et à l’inverse les faibles traces laissées par la Loire et le Rhône, enfin l’absence totale de l’extrême Sud méditerranéen…

Espérons que les achats de vins de l’Élysée seront effectivement marqués par davantage d’éclectisme. Le fait que du muscadet soit servi à Matignon est déjà un grand pas dans la reconnaissance de ce vin.
Le rôle des présidents ou des ministres est essentiel pour asseoir la notoriété d’un vignoble. Roger Dion le rappelait dans son Histoire de la vigne et du vin, à propos de l’influence de Louis XIV sur la géographie de la vigne et du vin en France. Les vins américains sont introduits sur la table de la présidence depuis Lyndon B. Johnson (1963-1969). Lors de l’élection de Barack Obama, le chroniqueur Mike Steinberger appelait à un changement de politique en la matière ; après les années Bush (un président moins « vino-friendly »), il semblait important pour la notoriété du vignoble US qu’un sursaut se produise. A ce propos, on pourrait citer la bourde – mais en est-ce vraiment une ? – effectuée à l’annonce du dîner d’investiture du 21 janvier 2013 du second mandat du président américain Barack Obama, lorsqu’un vin californien est qualifié de « champagne » et non de « champagne de Californie », voire même de « sparkling wine »… Les Champenois n’ont pas apprécié !
Même le Royaume-Uni promeut ses vins depuis une dizaine d’année avec Chapel Down, et Nyetimber depuis peu (Decanter, mai 2013). Ce qui risque de poser des problèmes : ce dernier producteur a annoncé qu’il ne fournirait pas de vin de 2012 tant l’année fut mauvaise.

Le lien entre la notoriété des vignobles et les grands de ce monde est manifeste. Les processus d’imitation permettent de susciter des modes dans la consommation des vins. On le verra avec la musique ou le cinéma dans un autre post. Wait and see.

Une vidéo sur le site du journal Le Monde

DION, R., 1959, Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle, Paris, Flammarion, 768 pages

Vignoble du Haut-Douro (Portugal)

Sans doute l’un des paysages de vignes parmi les plus exceptionnels au monde : le Haut-Douro. Des pentes imposantes façonnées dans le schiste sombre, un nombre de terrasses viticoles inimaginable, de la polyculture qui ajoute une touche de diversité, une architecture vernaculaire remarquable (murs blanchis à la chaux et tuiles canals pour les quintas, c’est-à-dire les domaines viticoles), la quiétude du fleuve Douro et de ses affluents. Un paysage inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le vin ne pouvait prendre son nom, jusqu’à une réforme récente liée au tourisme et à la vente directe, qu’une fois entreposé dans la ville de Porto, ou plus exactement à Vila Nova de Gaia. A une distance de plus de 100 km.

Photo de ce coteau, prise depuis la rive opposée de l’affluent.

Chine : du « cabernet d’Est » au vin de glace

Le fameux caviste londonien Berry Bros & Rudd (BBR) vient d’annoncer la vente prochaine de vin de glace produit en Chine. Un vin dont on ne pourra douter de la qualité, noté 16 / 20 par Jancis Robinson. Un vin dont le haut de gamme sera vendu à près de 60 euros la bouteille de 37,5 ml… Un vin produit avec les conseils de spécialistes canadiens, utilisant un cépage hybride présent sur le continent nord-américain (le vidal), planté dans la région du Liaoning, à proximité du lac Huanlong, aux confins des frontières coréenne et russe. Difficile de trouver les vignes

La Chine serait désormais le 5e producteur mondial de vin, si l’on croit les statistiques de l’OIV. Des statistiques à manier avec prudence : la définition du vin n’est pas très stricte en Chine (d’autres alcools peuvent être englobés dans cette grande catégorie) et il s’agit d’une estimation. Mais tout de même : alors que les premières vignes destinées à une commercialisation seraient plantées à la fin du XIXe siècle, la Chine produirait déjà l’équivalent du quart de celle de la France. En volume certes, et non en valeur. Mais la qualité des vins ne cesse de s’accroître. Plusieurs compagnies européennes investissent le pays : Moët Hennessy a par exemple conclu un accord avec le chinois VATS Group pour produire des vins rouges dans la province du Yunnan, aux pieds de l’Himalaya, et des vins de méthode champenoise dans la région autonome du Ningxia. Le désormais cinquième producteur mondial – devant le Royaume-Uni, tout un symbole – attire les convoitises.

On trouve donc des vignobles qui évoluent à plusieurs vitesses. Ici, dans une vallée au Sud de la ville de Taiyuan des vignes détenues par de petits viticulteurs qui vendent des raisins sur la route ou à des entreprises qui les vinifient.

On remarquera le système de culture en pergola, avec des ceps enterrés l’hiver pour les protéger du froid (fréquemment -10° c), et des cultures intercalaires (tomates ou haricots).

Une production traditionnelle, sans doute liée à la christianisation d’une partie de la population. Là, à proximité de Pékin, des investissements imposants, mélangeant tourisme et production de vin. Le château, hybride de château de la Loire et de château bordelais, appartient à la compagnie Changyu (alliée au groupe bordelais Castel), dont les vins de glace sont proposés par BBR.

Plus loin la grande région viticole de Chine, la péninsule du Shandong, autour de la ville de Yantai, avec probablement des vignobles ici.


La Chine est passée en peu de temps d’une production copiant les vins occidentaux du siècle dernier, pour son marché intérieur, à des vins de la globalisation.