Le Brésil et le vin


Importations de vin au Brésil (2000-2013)

Pour suivre la Coupe du Monde de Football au Brésil, buvez du vin brésilien ! Et pour vous rafraîchir, pourquoi pas un vin de glace… Car le pays est en effet à la fois consommateur et producteur de vin (14e producteur mondial). On l’oublie trop souvent.

Premier importateur d’Amérique Latine, le pays a doublé ses importations de vin, tant en volume qu’en valeur, en une dizaine d’année.


Volume et valeur des importations de vin au Brésil (2000-2013)
Source : OEMV

La forte croissance économique et la formation d’une classe moyenne urbaine suscitent un développement croissant du goût pour le vin. Hier réservée à la petite élite économique et intellectuelle du pays, cette boisson tend à devenir l’apanage des classes sociales urbaines les plus aisées. Même les telenovelas s’en font l’écho.


Copie d’écran de la série Avenida Brasil
« Nina derrama vinho no chão para Carminha limpar »

Pour visionner l’extrait, c’est ici, mais c’est vraiment si vous n’avez rien d’autre à faire…

Encore une fois, le vin devient un véritable marqueur de modernité, d’adhésion à la mondialisation, et d’ouverture sur le monde. Et notamment le monde proche ; l’Amérique Latine est désormais le premier fournisseur du Brésil. Le Chili a dépassé le Portugal, et l’Argentine connaît une progression remarquable qui devrait lui valoir de bientôt doubler l’ancienne métropole. À l’inverse, les anciens pays traditionnellement pourvoyeurs de vins, France et Italie, sont en déclin.

Le Brésil se tourne vers les pays du Nouveau Monde et principalement le Chili. À telle enseigne que les vallées viticoles chiliennes sont devenues une destination privilégiée pour les touristes brésiliens.


Jeune couple brésilien en voyage de noce, Viña Casa Silva (vallée de Colchagua, Chili, 2012).

Les statistiques de visites touristiques dans le vignoble chilien confirment la très forte présence brésilienne.


Nombre de touristes par pays d’origine dans le vignobles chilien (2010)
Source : Diagnóstico del Turismo del Vino en Chile.

Ce qui veut dire, volens nolens, à quel point l’éducation des Brésiliens au vin se fait de plus en plus par des vins… avec indication de cépage.

On ne s’étonnera donc pas de voir les producteurs de vins brésiliens reprendre cette manière de dire le vin. Par exemple, le producteur Campos de Cima (Rio Grande do Sul) (présent en France lors des Rencontres du Clos de Vougeot 2013 auxquelles j’avais pu participer) élabore une gamme de vin avec certains des cépages internationaux les plus plantés au monde : merlot, chardonnay, mais aussi de manière plus surprenante viognier. La boucle est bouclée.

Le Brésil intègre la mondialisation de la planète viti-vinicole en adhérant aux nouveaux modes de consommation et de présentation du vin.

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