La France, futur État le plus « sec » à l’Ouest du Golfe Persique ?

Avec la publication du rapport du Pr. Reynaud Les Dommages lies aux addictions et les stratégies validées pour réduire ces dommages remis à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), comment ne pas évoquer cette remarque de Jancis Robinson ? « La France a développé l’une des politiques anti-alcool parmi les plus strictes à l’Ouest du Golfe Persique ». Bientôt un des États parmi les plus « secs » ? Prendre « sec » au sens de « dry », terme utilisé pendant la Prohibition américaine pour évoquer les États dans lesquels la vente d’alcool était interdite. On n’en est pas là, mais tout de même.
Le rapport, je cite, propose « d’encadrer la publicité en s’appuyant sur les deux principes initiaux
de la loi Evin
 ». Et donc : « concernant les supports, interdire les médias qui s’imposent à tous types de récepteurs et potentiellement les mineurs : l’affichage sur la voirie et les lieux publics (sauf dans les communes de productions viticoles), l’internet (sauf les sites des producteurs) et les réseaux sociaux ; concernant les contenus, limiter la communication sur les qualités objectives des boissons. » (p. 56). (C’est moi qui souligne). Bien sûr, la blogosphère sur le vin bouillonne ! Une pétition est déjà lancée, et certains sites en France ou à l’étranger se font l’écho de cette nouvelle salve du lobby anti-alcool en France.
Où commence la promotion du vin ? Faire l’analyse d’une bouteille envoyée par un professionnel à l’auteur d’un blog, est-ce de la publicité ? Si oui, il suffirait que le site soit hébergé à l’étranger pour contourner cette mesure. Comme le fait la télévision spécialisée dans le vin, Edonys, qui émet depuis le Luxembourg.
Qu’est-ce qu’une « qualité objective » du vin ? Des arômes ressentis à la dégustation ? Alors que dire d’un goût minéral, dont on sait très bien qu’il s’agit d’un descripteur éminemment culturel… Comme le goût de manière plus générale.

Il existe à l’évidence des problèmes d’alcoolisme, et notamment chez les jeunes avec le binge drinking ; une politique d’interdiction ne mène pas à plus de modération. Certains historiens américains expliquent d’ailleurs que les consommateurs se sont davantage tournés vers les alcools forts pendant la Prohibition, de façon à atteindre plus rapidement l’ivresse, à moindre prix… L’inverse du résultat attendu.

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