Archives de catégorie : Paysage

Les successeurs de Gaudí et les coopératives vinicoles (Catalogne)

Cave de Nulles

S’inscrivant dans un vaste mouvement européen qui couvre les campagnes viticoles de coopératives de vinification, de nombreux villages catalans s’organisent de façon collective au tout début du XXe siècle. Ces coopératives, souvent considérées comme « filles de la misères », visent à répondre aux grandes difficultés économiques et sociales suscitées par la crise du phylloxéra, puis la période de surproduction qui s’en suit.

Le mouvement démarre dans les pays germaniques (celle de Ribeauvillé est fondée en 1895, alors en territoire allemand) avant de s’étendre à toute l’Europe. Deux mouvements idéologiques président à son expansion : le socialisme d’une part (la cave de Maraussan, première cave française créée en 1905 est inaugurée par Jean Jaurès) et le catholicisme social d’autre part. Les caves catalanes appartiennent à ce second mouvement.


Cave de Rocafort de Queralt

Les architectes qui les dessinent, Cèsar Martinell i Brunet (1888-1973) ou Pere Domènech i Roura (1881-1962), sont de brillants successeurs de Gaudí. Cèsar Martinell a par exemple collaboré avec lui pour la création de la Sagrada Familia. On pourra voir une liste de ses réalisations sous ce lien (en catalan).

cave de Montblanc

Les différentes coopératives se trouvent concentrées au Sud-Ouest de Barcelone, dans les régions de l’Alt Camp, la Conca de Barberà, le Priorat et la Terra Alta.


cave de Montblanc

Une partie des caves était en bien mauvais état, un programme de rénovation a heureusement été lancé pour les réhabiliter et les ouvrir au tourisme. La fréquentation n’a pas l’air d’être au niveau de ce qu’elles représentent en termes de patrimoine. Il conviendrait sans doute de les associer à Barcelone et à Gaudí pour qu’elles puissent connaître un certain intérêt de la part du grand public. Elles seraient un atout majeur pour le développement local de cette partie rurale de la Catalogne.

Le retour du cheval, symbole d’une nouvelle modernité

Château Pape Clément, travail des vignes avec un cheval (18 avril 2014).

Quoi de plus agréable à regarder qu’un cheval dans les vignes ?
Le silence, la lenteur, la vision de la force animale, la proximité sinon même la complicité entre l’homme et l’animal, autant d’éléments dont nous avions oublié jusqu’à l’existence.

Bourgogne, vignoble de la Côte-d’Or.

Tout s’oppose à la machine. Le bruit (la période des vendanges est marquée par le vrombissement constant des moteurs), la rapidité (point intéressant sur lequel il faudra revenir), et le caractère presque désincarné du travail mécanique sont devenus le quotidien de nombreux vignobles.

Notre regard est hérité d’une période qui s’ouvre avec le XIXe siècle et les maladies de la vigne. Oïdium, mildiou, phylloxéra ; des champignons ou des insectes issus du continent nord-américain et qui attestent de l’intensification des échanges entre l’Europe et le Nouveau Monde. Traiter les vignes contre les maladies ou les insectes oblige à palisser. Des fils de fer métalliques sont tirés de part en part des parcelles pour permettre de vaporiser sur les plantes des insecticides ou des fongicides, dont la fameuse bouillie bordelaise.

Palissage dans le vignoble de Seyssuel (Côtes du Rhône)

Les vignobles prennent alors l’allure qu’ils ont désormais. Les vignes sont plantées en longs alignements, de façon à ce que les animaux (chevaux ou bœufs) puissent pénétrer dans les parcelles pour aider au travail humain. C’est la fin des plantations en foule ou des complants (mixité des plantations arbustives et viticoles).

Les Très Riches Heures du duc de Berry ; mois de mars (détail) : la vigne plantée en foule.

Après l’animal, ce sera bientôt le tour des tracteurs de pénétrer les vignes. Ils furent pour les générations du début du XXe siècle le signe d’un mieux être. Le gain en rapidité permet, par rapport à la force animale et à sa lenteur, de soulager le labeur quotidien. Le cheval est alors perçu par les paysans comme un symbole d’archaïsme et de pénibilité du travail. Telle est la modernité jusqu’à la fin du XXe siècle. La mécanisation permet également de libérer une partie du monde paysan du travail agricole, au moment même où l’industrialisation de l’Europe requiert de nombreux bras. L’exode rural vide les campagnes.

La physionomie des régions viticoles change profondément : alors que la vigne permettait de faire vivre une dense population (tant du fait des travaux liés à la vigne, que grâce aux métiers induits, comme les maréchaux-ferrants ou les tonneliers), le nombre d’agriculteurs diminue drastiquement. Seule subsiste dans ces régions la très forte densité de villages qui donne toujours aux campagnes un air profondément humanisé.

Vignoble de Saint-Joseph (Côtes du Rhône)

Le cheval revient désormais en grâce. D’abord réintroduit par les producteurs bio ou en biodynamie, il semble qu’il intéresse également des viticulteurs conventionnels. Tout d’abord parce qu’il tasse moins les sols qu’un lourd tracteur. Ensuite parce que les viticulteurs plus soucieux de questions environnementales réintroduisent les labours. La période du tout-chimique avait même conduit à supprimer cette phase du travail agricole. Les « mauvaises » herbes étaient supprimées par les herbicides, les apports de nitrates permettaient de gros rendements, et les sols nus limitaient les risques de gel.

La recherche de vins de qualité, au sens gustatif mais aussi environnemental, a mis fin à ces pratiques. L’enherbement des parcelles est devenu la norme.

Rangs entre les vignes enherbés. Abbaye de la Sauve-Majeure (Gironde).

La nature réinvestit les vignes. Un nouveau discours, qui s’appuie sur la nature pour produire des vins – par exemple l’utilisation de phéromones pour leurrer les papillons nuisibles -, devient la nouvelle modernité. Le cheval a toute sa place dans cette nouvelle vision du monde.

Capsule contenant des phéromones pour la lutte par confusion sexuelle. Vignoble de Tain-l’Hermitage (Drôme).

Les paysages de la Toscane (Italie)

Les paysages viticoles de la Toscane sont de toute beauté. Qu’est-ce qui contribue à donner cette impression ? Sans doute plusieurs éléments qui s’interpénètrent les uns aux autres. Tout d’abord les collines, qui confèrent aux paysages une certaine douceur. Elles ne sont jamais bien imposantes, et donnent une impression de grande diversité. À chaque détour, un nouveau paysage s’offre au regard. Et le soir par exemple, le soleil déclinant sculpte tout un jeu de lumières et d’ombres sur les reliefs.

Ce serait aussi le souffle de l’histoire. Le paysage pensé par les agronomes latins et réinventé à la Renaissance transparaît à travers le vignoble : un paysage extrêmement construit, un véritable jardin, un décor arboré.
L’histoire s’impose aussi à travers les gros bourgs qui dominent les campagnes : leurs origines médiévales leur donnent soit des allures particulières, on pense à San Gimignano, soit des positions de perchement sur les coteaux. Elles ont perduré avec le temps.


San Gimignano

Montepulciano, Montalcino (voir la photo ci-dessous), ou beaucoup d’autres villages moins célèbres, comme Panzano in Chianti, surplombent la campagne environnante. Et notamment tout un ensemble d’anciennes fermes, celles des mezzadri, les métayers. Issues d’un système révolu de métayage, elles forment un habitat dispersé dans la campagne toscane qui participe de la diversité paysagère. Elles sont souvent aujourd’hui le siège d’exploitations viticoles (quand elles n’ont pas été transformées en auberge, en restaurant, ou en résidence secondaire… la pression touristique est forte).

Habitat dispersé lié à un ancien système de métayage.

Dernière touche donnée à ces paysages, qui les rend bien différents d’une bonne partie des grands vignobles, la permanence de la polyculture. On y trouve encore des arbres fruitiers, notamment des oliviers bien sûr, mais aussi d’autres cultures agricoles, champs de céréales ou prés. C’est devenu rare dans bon nombre de vignobles renommés, tant la spécialisation agricole a pu supprimer toute autre culture. Et puis forcément, la Toscane ne serait pas ce qu’elle est sans les cyprès. Ils contribuent à apporter une ultime apparence de complexité dans les paysages (rappelons que leur introduction est relativement récente, alors même que dans notre imaginaire, ils sont inséparables de la Méditerranée occidentale).

Montalcino, un village perché.

Tous ces éléments contribuent à former dans notre esprit l’image d’une région agréable à vivre, un jardin de cocagne qu’ont pu célébrer de nombreux auteurs. Les caractéristiques que l’on donne aux vins du Chianti sont à l’avenant ; des vins aux caractères chaleureux, enjoués.

Les paysages du vignoble de Madère (Portugal)

L’île de Madère offre des paysages viticoles de toute beauté. Pentes impressionnantes, luxuriance de la végétation, multiples parcelles étagées sculptant des coteaux entiers, myriade de petites maisons blanches témoignant d’une forte densité humaine, le tout tranchant avec l’Océan Atlantique. Les paysages ne sont pas sans rappeler ceux formés par les terrasses rizicoles en Asie.

Il faut se rapprocher pour mieux comprendre les détails.

L’île volcanique est confrontée à un climat subtropical qui facilite la présence de pentes vertigineuses du fait d’une forte érosion. Cela induit un étagement altitudinal très marqué des cultures. Il ne doit pas y avoir beaucoup d’endroits dans le monde où la culture de la vigne côtoie celle de la banane.

Tout un ensemble de terrasses permet de vaincre la pente. Les vignes poussent grâce à des pergolas.

Un tel vignoble n’existerait pas si l’île n’avait pas servi de relais entre les continents européen et américain. Les bateaux qui traversaient l’Atlantique y faisaient escale pour se réapprovisionner en eau et en denrée avant la traversée. Les vins étaient consommés en Angleterre – avec souvent des bouteilles vieillies en mer, et marquées « retour des Indes » – et aux États-Unis.

L’âge d’or du vignoble de Madère est donc passé : la fin de la navigation à la voile et les changements de consommation dans les vins (on consomme de moins en moins de vins fortifiés) laissent des cicatrices dans les paysages. Des friches apparaissent, témoignant d’un passé où le moindre coteau devait être exploité.

Le vignoble est hélas en déclin, comme le sont à des degrés divers ceux de Jerez et de Marsala.

Fin de vendanges dans le Sauternes (Aquitaine)

Arrivée des raisins au château de Rieussec.

Le Sauternais fait partie de ces rares régions viticoles (avec le Tokaj en Hongrie, la vallée du Rhin en Allemagne et l’Alsace pour certains vins, etc) où l’on recherche l’humidité ! Elle facilite le développement de la « pourriture noble », le champignon Botrytis cinerea, qui absorbe l’eau des raisins et les rend donc beaucoup plus concentrés en matières.
Le développement de brumes matinales, liées à la proximité de la Garonne et de son petit affluent le Ciron, offre des conditions optimales pour produire des raisins botrytisés.


Le château de Malle (XVIIe siècle) encore dans les brumes.

Plus en hauteur, on peut voir les brumes se retirer (à gauche de la photo) à mesure que le soleil perce. Des vendangeurs dans les vignes.

Le savoir-faire humain permet de faire de ce handicap naturel que sont les brumes un atout pour la production de vins d’excellence : des tries sélectives sont opérées lors des vendanges des grands domaines (c’est-à-dire que les vendangeurs repasseront plusieurs fois dans les parcelles pour ne cueillir que les raisins qui présentent les conditions de pourriture optimales), et en amont, des systèmes de drainage sont enfouis dans le sol pour faciliter l’évacuation du trop plein d’eau.


Château Yquem, le domaine surplombe la vallée.

Le château Yquem possède par exemple une centaine de kilomètres de drains en terre cuite enfouis dans le sol depuis le XIXe siècle. D’ailleurs, lorsque les années ne sont pas suffisamment bonnes pour produire des vins liquoreux de très grande qualité, le château ne commercialise pas sous son nom, comme ce fut le cas en 1992 ou 2012.

Le terroir est bien une construction historique et sociale (voir ici une explication avec un diaporama de l’INAO : Definition_terroir_INAO).

Photos prises le 31 octobre 2013.

Vendanges à Haut-Brion et à la Mission Haut-Brion (Aquitaine)

Dernières vendanges à Haut-Brion et à la Mission Haut-Brion, le temps s’est obscurci, la pluie est annoncée. Les dernières parcelles sont vendangées, alors que celles déjà récoltées rougeoient à grandes vitesse, avant de devenir jaunes d’ici peu.


La Mission Haut-Brion

La Mission Haut-Brion

Ces deux domaines d’exception utilisent des tables de tri, et une machine de tri optique (en arrière sur la photo), pour sélectionner uniquement les baies de meilleure qualité. Tout ce qui est indésirable sera supprimé. Cela permet aussi de réduire l’effectif des équipes ; on comprend le gain pour les domaines.


Haut-Brion


Haut-Brion

La vinification se fait dans des cuves en inox, utilisées dans les grands châteaux du Bordelais depuis les années 1970.


Haut-Brion

L’élevage des vins, effectué sur deux années, est réalisé dans le chai avec des barriques de chêne neuves produites par les plus grands tonneliers français (Séguin-Maureau ici).


Haut-Brion

Les vins sont déjà vendu : le système des « primeurs » de la place de Bordeaux fait que les négociants ont acheté les vins dès le printemps qui a suivi la récolte. Rien n’est vendu directement, tout passe par le négoce bordelais qui détient l’exclusivité de la commercialisation. La façade du château (2e moitié du XVIe siècle pour la partie droite) sera représentée sur les étiquettes de Haut-Brion.


Haut-Brion

Merci au Domaine Clarence Dillon, et à l’équipe du Service du Patrimoine et de l’Inventaire (SRPI) de la Région Aquitaine.
Photographies prises le 11 octobre 2013.

Paysages du Chili : la recherche de la qualité

Le vignoble chilien n’exporte vraiment des vins que depuis le milieu des années 1980. Devenu le 10e producteur mondial et le 9e exportateur, il dépasse certains pays européens comme le Portugal ou l’Allemagne. Le pays connaît par conséquent des dynamiques très rapides que les paysages permettent de lire. Elles touchent tant la géographie des vignes que le discours des entreprises, notamment par le biais de l’architecture.

En ce qui concerne la géographie des vignes, elle évolue à plusieurs échelle. En premier lieu en ce qui concerne la répartition des vignobles au sein du pays même : de nouvelles régions sont explorées, en relation avec les cépages et la demande internationale. Alors que le pays produit majoritairement du cabernet-sauvignon, il tend à s’orienter vers de nouveaux cépages : de la syrah par exemple dans la vallée del Elqui à l’extrême Nord du pays, ou du pinot noir dans la région plus fraîche de Bío Bío. A une échelle plus locale, la recherche qualitative pousse les Chiliens à chercher davantage de fraîcheur, soit en se rapprochant de la mer, soit en partant à la conquête des coteaux. Le Chili passe donc de parcellaires très plans, souvent d’un seul tenant, avec d’immenses parcelles géométriques, à des parcellaires beaucoup plus chahutés, parfois disjoints, beaucoup moins monotones, et situés sur les coteaux. On pourra en voir un exemple ici, dans la vallée de l’Aconcagua, ou là (dans ce texte page 10) pour l’entreprise Ventisquero.


Paysage typique du Chili, les Andes en arrière-plan. Vallée de Maule.


Nouvelles plantations sur les coteaux. Vallée de Colchagua.

En ce qui concerne l’architecture des entreprises produisant du vin, le Chili paraît dual. Alors qu’une partie des domaines conserve et met en valeur d’anciens bâtiments, souvent blanchis à la chaux avec des tuiles canals et parfois une avancée supportée par des colonnes qui rappelle les patios des anciennes casas patronales (maison de maître), d’autres penchent pour une architecture résolument novatrice.


Chais de la Viña Casa Silva. Vallée de Colchagua.

On retiendra deux exemples très proches, les bodegas Las Niñas et Montes. Si le premier édifice joue sur la transparence grâce à l’emploi d’une paroi en polycarbonate translucide (architecte Mathias Klotz), le second paraît quasiment enterré, et se devine à peine dans le paysage (d’autant qu’il est conçu selon les principes du Feng Shui…). Transparence, intégration : comment mieux dire que le vin est « naturel » ? Les discours sur le vin mettent aujourd’hui l’accent sur une supposée non intervention humaine… Le « terroir » dans une version minimaliste. Une version bien en vogue.


Viña Las Niñas. Vallée de Colchagua.


Viña Montes. Vallée de Colchagua.

Paysages de la vallée de la Moselle (Allemagne) : des paysages menacés

Un projet de pont sur la Moselle défraie la chronique depuis quelques temps. On perçoit toute la pression qui pèse sur un vignoble situé au cœur de la mégalopole européenne, dans un monde fortement urbanisé, nécessitant des échanges rapides, avec des flux de personnes et de marchandises considérables.
Et pourtant : le vignoble mosellan propose de vivre à un autre rythme. Tout d’abord parce qu’il s’inscrit dans la très longue durée, celui de la romanisation (il est inclus dans le limes romain) et de la christianisation (avec toujours certains secteurs profondément marqués par le catholicisme). Ensuite parce que les paysages présentent un équilibre fragile, patiemment constitué, entre les activités humaines et des pentes très prononcées, voire même vertigineuses. Très prononcées, comme dans le secteur de Piesport ; les vignes s’alignent alors les unes à la suite des autres dans le sens de la pente, sans rupture paysagère.

Vertigineuses, comme dans le secteur de Bremm ; les vignes y sont séparées par un système de terrasses.

Schotter : pierraille
Kies : gravier
Keilstein : calle
Binderstein : liant
Trockenmauer : mur à sec

Dans tous les cas, les sols sont très peu profonds, parfois inexistants. La roche mère, faite de schistes (la Moselle traverse le Massif schisteux rhénan avant de rejoindre le Rhin), affleure de temps à autre. Des conditions qui donnent au vignoble un caractère austère, renforcé par la teinte grise de la pierre.

Et pourtant, la longue succession de villages sur une centaine de kilomètres confère au vignoble un air vivant. Villages fleuris, maisons à colombage, décorations diverses (du cadran solaire à la scène de vie) contribuent à forger une ambiance plutôt gaie.


(détail d’une façade d’une maison de 1902).

Tout comme les discontinuités du fleuve, avec notamment de splendides méandres, qui rompent la monotonie de certains coteaux plus rectilignes, mais toujours majestueux.

Le tourisme ne s’y trompe pas.

Cet équilibre franchit les siècles, avec certains clos (« lagen« ) attestés depuis le Moyen Age. Le renommée des Piesporter Goldtröpfchen et autres Bernkasteler Doctor prend désormais une ampleur internationale avec des rieslings très fins.

Voir une cartographie des « lagen » ici.