Archives de catégorie : Chine

Vinexpo : bizarreries et autres chinoiseries

Vinexpo est l’occasion de saisir certaines tendances de la planète du vin, parfois surprenantes.

Vinexpo est un lieu particulier. Je vous passe le brouhaha des hélicoptères, le monde dans les allées, et l’extrême chaleur de cette année. Mais comme à chaque édition, on peut y déceler des tendances ; certaines disparaîtront rapidement, d’autres devraient s’affirmer. En tout cas, elles disent beaucoup d’une planète des vins qui se cherche, se renouvelle, ou parfois se perd un peu.

L’irruption du design dans la bouteille de vin. On a connu les Italiens plus inspirés…

Rupture des codes. Comme dans bien d’autres domaines, on assiste à des tentatives pour briser des codes bien établis. À commencer par la bouteille de vin elle-même. Elle est assaillie de partout, parfois avec un mauvais goût avéré – cela n’engage que moi – parfois en la remplaçant par un contenant moins… noble. La canette commence à apparaître, à destination de jeunes urbains moins soucieux de paraître. À moins justement que ce soit justement là que réside un jour la petite touche cool tant en vogue.


Canettes pour le vin. Une population ciblée bien spécifique.

Anciens pays ressuscités. Avec un stand de la Géorgie et un autre de la Grèce, les très vieux pays producteurs de vin sont à l’honneur. Certes, leurs productions sont encore confidentielles, mais ils ont des attraits remarquables dans l’actuelle planète des vins, tout particulièrement aux Etats-Unis avec la diaspora grecque par exemple. Ce sont des paysages à couper le souffle, on pense bien sûr aux îles comme Santorin. Ce sont aussi des techniques impressionnantes, avec souvent des ceps vieux de 150 à 300 ans semble-t-il, enroulés sur eux-mêmes, directement sur le sol.

Cep de vigne à même le sol, enroulé sur lui même. Source : domaine Argyros. (photo d’une photo prise sur le stand).

Une technique qui renvoie directement à l’Antiquité, elle est évoquée dans l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien. Ce sont encore des cépages peu connus et aux noms assez improbables (et tout aussi difficiles à prononcer pour nous).


Un délice trop peu connu, et hélas non importé en France.

 

Ce sont enfin des vins assez ignorés. Si vous en avez l’occasion, empressez-vous de goûter du vin santo. Un vin passerillé que l’on retrouve sur les bords de la Méditerranée, et qui est impressionnant de complexité aromatique. Un bonheur !


Ao Yun, vin de luxe chinois lancé par le groupe LVMH.

 

 

Nouveaux pays en pleine effervescence. Les Chinois sont impressionnants. En quelques dizaines d’années, ils vont parvenir à faire ce que d’autres régions ont mis beaucoup plus de temps à concrétiser, ou même n’ont pas réussi à faire. À l’évidence, beaucoup de capitaux et de technologie sont apportés, mais tout de même. Le premier vin de luxe chinois est déjà là, vendu à 300 dollars la bouteille. Le prix d’un Cheval blanc de petite année, comme 2013, d’un bon Pavie 2015, ou d’un Angélus-bu-par-James-Bond-himself. Comme ça, du jour au lendemain…

Région du Ningxia. On reconnaît la présence d’investisseurs internationaux d’origine française.

Et puis c’est aussi la présence de régions viticoles entières, alors que jusqu’à présent, on ne voyait que des entreprises. Pour la première fois à ma connaissance, une région viticole chinoise est représentée par un groupe de producteurs, celle de Ningxia. On n’est pas encore en présence de producteurs issus de la paysannerie, et les investissements spéculatifs paraissent dominer, mais il se passe indéniablement quelque chose.


Un mélange surprenant, Riesling, Chardonnay, et Seyval Blanc.

 

 

Enfin l’interdit. Le retour des hybrides, par les Américains. Ne prenez pas le terme d’interdit au pied de la lettre, certains cépages hybrides sont tolérés, mais notre histoire officielle a tout fait pour les supprimer ou les exclure des vins d’AOC. Ils sont donc largement méconnus. Aussi « interdit » doit-il être pris au sens de peu digne de leur porter de l’intérêt. J’ai eu la possibilité de goûter du catawba, du cayuga, ou encore du vidal. Une expérience parfois déroutante, tant nos canons organoleptiques peuvent nous mettre des ornières.

La Chine n’est pas le deuxième vignoble mondial… de vin

Vendanges des raisins dans la province de Taiyuan (capitale du Shanxi).

La nouvelle faisant grand bruit, je ne peux m’empêcher de réagir. Non, la Chine n’est pas le deuxième vignoble mondial… de vin. Nuance. À la suite de la conférence de presse de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV) du 27 avril 2015, toute la presse française et étrangère s’est emballée : « la Chine est passée devant la France ! » Horresco referens. Les Anglais se moquent : « c’est assez pour que les Français crachent de dégoût leur sauvignon blanc ».

Tous les articles sont bâtis sur le même schéma. On part d’une statistique fournie par l’OIV et propagée par l’AFP partout dans le monde, en France, en Australie ou au Royaume-Uni.

Hebergeur d'imageSource : Le Monde avec AFP, 27 avril 2015.

Les titres font peur !

Avant de nous rassurer. Ce qui compte, c’est la valeur des vins et des échanges. Ouf, nous sommes sauvés, la France demeure largement devant le reste du monde. Les petits vins du Xinjiang font pâle figure face à nos fleurons que sont les vins de Champagne, de Bordeaux ou de Bourgogne. Pour ne pas parler des eaux-de-vie de Cognac, dont il se vend cinq bouteilles toutes les secondes !

On chanterait presque la Marseillaise, une larme à l’œil.

Il est remarquable de voir à quel point les commentaires passent des superficies en vignes… au vin. Sans voir que les premières données incorporent aussi d’autres éléments. Car les statistiques de l’OIV intègrent aussi les raisins de table et les raisins secs ! Autant de raisins qui ne seront pas vinifiés.

Source : OIV, Présentation PPT, 27 avril 2015, p. 4.

On ne s’étonnera donc pas de voir des pays comme la Turquie, l’Iran ou l’Égypte parmi les premiers vignobles mondiaux… de raisins.

D’ailleurs, la carte de l’OIV elle-même renforce le discours ambiant : comme elle montre les données avec une représentation en aires colorées (il s’agit d’une carte choroplète), elle sur-représente les grands pays, et rend presque invisible les plus petits. La Russie devient un gros producteur, alors que la Moldavie (13e producteur en réalité, devant la Russie) n’apparaît pour ainsi dire pas. D’ailleurs, qui pourrait la repérer aisément sur ce type de carte ? Et puis l’Alaska et la Sibérie en entier produisent du vin…
Il faudrait en réalité faire une carte en cercles proportionnels. Ce qui donne la carte ci-dessous, avec une discrétisation qui repose sur les quantiles de façon à faire ressortir des groupes de pays en fonction de leur contribution à la production totale. Ce qui n’est peut-être pas la meilleure représentation, mais a le mérite de la clarté.

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Carte_prod_2011

Production mondiale de raisin (2011)

Maintenant, si l’on s’intéresse aux vins, le classement est bien différent. La Chine n’est plus que le 8e producteur mondial…

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Prod_10Les 10 premiers producteurs mondiaux de vin

On n’aurait cependant tort de se moquer de ses productions. Ce pays va très vite, comme dans d’autres secteurs. J’avais déjà évoqué le fait que des vins chinois soient vendus à Londres chez l’emblématique caviste Berry Bros. Une dégustation de la revue Decanter avait il y a peu sacré un vin chinois. Au delà de la Chine, on assiste bien à une explosion du nombre de pays produisant des vins de qualité. On trouvera d’autres éléments ici ou .

Vignes irriguées en Provence, la fin d’un stress hydrique incontrôlé, la possibilité de faire des vins de meilleure qualité.

Enfin, on remarquera à quel point notre pays est sensible en la matière. Toutes ces évolutions touchent à notre identité profonde. Le journal Le Monde évoquait le fait que la France soit toujours le 1er pays producteurs de vin pour s’en réjouir face à la crise. Cet équilibre géographique n’est nullement le fruit d’un hasard ou d’une supériorité naturelle, il est le fruit d’un équilibre géopolitique, constitué dans la durée, qui touche aussi bien aux techniques (l’irrigation fut longtemps interdite dans les régions méditerranéennes), qu’aux renommées (le vin est probablement l’un des derniers éléments de la splendeur de la France, hier encore adulée pour sa langue, ses écrivains, son artisanat d’art et bien sûr sa gastronomie) ou au goût même du vin (un vin rouge fut longtemps synonyme de vin de Bordeaux).

Dans le domaine du vin, cette apogée est sans doute placée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Que l’OIV, fondée en 1924, soit située à Paris témoigne bien de cette domination de la France sur le reste du monde.

Le moscato, une mode qui est arrivée à vive allure aux États-Unis…

Un monde qui change. Et qui change à vive allure. Le succès des vins italiens aux États-Unis, désormais premier marché mondial, devant la France, est là pour le rappeler. L’engouement pour les proseccos italiens, les cavas catalans ou les moscatos américains montre aussi à quel point le consommateur a changé, et ne recherche plus forcément du champagne. Le vin traduit les évolutions de nos sociétés. De la même manière qu’il n’y a plus de « grands hommes », il n’est pas certains que l’idée de « grands vins » demeure chez bon nombre de nos contemporains.

Géographie des cépages dans le monde (1)

Quel est le pays qui détient le plus de merlot dans le monde ? La France.
Quels sont les pays qui ont le plus plantés de cabernet sauvignon dans la période 2000-2010 par rapport à leur encépagement total ? L’Espagne et le Portugal.
Les deux pays qui sont les plus spécialisés dans le cabernet ? Le Chili et la Chine.

Toutes ces informations (et bien d’autres !) apparaissent grâce aux statistiques que deux économistes de l’Université d’Adelaide, Kym Anderson et N.R. Aryal, viennent de publier.

En voici les premières cartes.

Le premier cépage de qualité* planté dans le monde est donc le cabernet sauvignon (6,3 % des surfaces) (carte 1). Pratiquement tous les pays producteurs de vins détiennent du cabernet dans leur palette de cépage, avec pour certains d’entre-eux une forte concentration autour de ce cépage (Chili et Chine) (carte 2). Il est intéressant de voir que la grande vague de plantation de ce cépage est désormais révolue : les pays du Nouveau Monde en plantent beaucoup moins sur cette période, et cherchent à étoffer leurs gammes de vins, en plantant d’autres cépages à la mode (carte 2). On le verra ci-dessous. Ce qui n’est pas le cas de la Chine, dont on voit à quel point elle concentre l’essentiel de ses plantations sur le cabernet sauvignon (carte 3).

carte 1 : le cabernet dans le monde
Cabernet_2010

carte 2 : proportion de cabernet
Cabernet_3

carte 3 : le cabernet dans le monde (2000-2010)
Cabernet_croissance2

Second grand cépage, le merlot (5,8 %) (patience, ce sera pour la prochaine fois). Troisième cépage d’importance, le chardonnay (4,3 %). Je suppose que l’on doit pouvoir tenir compte de plusieurs vagues d’expansion pour ce cépage : l’une ancienne, sans doute pour produire des vins mousseux copiant le champagne, l’autre récente, à titre de vin de cépage.

carte 4 : le chardonnay dans le monde
Chardonnay2

Enfin, quelques cépages à la mode et qui ont connu une remarquable expansion ces dernières années. La syrah, désormais mondiale (4 %), et particulièrement présente en Australie (alors dénommée Shiraz) (carte 5). Le pinot noir (1,9 %), dont on sait combien il est en vogue depuis quelques temps (carte 6). Enfin le riesling (1,1 %), en pleine progression dans le monde germanique et dans certains pays du Nouveau Monde (carte 7).

carte 5 : la syrah dans le monde
Syrah2

carte 6 : le pinot noir dans le monde
Pinot-noir2

carte 7 : le riesling dans le monde
Riesling2

A suivre…

* On ne retient ici que les grands cépages internationaux. Tous sont d’origine française, et se sont répandus dans le monde tout d’abord à la faveur de la colonisation européenne (et surtout au XIXe siècle), ensuite avec l’essor de la production de vin dans le monde, depuis les années 1980.

Amazon et le vin

Amazon vient d’ouvrir son site chinois à la vente de vins en ligne. Une première à plus d’un titre.
Tout d’abord parce que c’est la première fois qu’une nation non européenne vend directement du vin à une autre nation non européenne grâce à Internet. Forcément, avec Internet, tout est nouveau… Mais tout de même : depuis plusieurs siècles, l’essentiel des ventes de vin se faisait au sein de l’Europe. Il existait certes des cas de vente du Chili en direction des États-Unis depuis le milieu du XXe siècle par exemple, mais cela restait très limité. Au moins avant le milieu des années 1980. Autant dire à quel point c’est récent à l’échelle de la longue histoire de la vigne et du vin.

Origine des vins proposés par Amazon Chine
(cliquer sur la carte pour l’agrandir)
Carte_Amazon_Chine

Ensuite, (au delà des valeurs sûres que sont la France et l’Espagne), les pays du Nouveau Monde, Australie en tête, prennent une importance remarquable. Ceci renvoie bien sûr à la nouvelle configuration que prend la planète des vins, très influencée par la montée en puissance de ces derniers pays. Une carte centrée sur la Chine permet de comprendre tout de suite leur proximité relative (on en trouvera une ici), tous groupés autour du Pacifique.
Certainement l’origine des vins sera-t-elle modifiée d’ici peu : on s’étonnera de l’absence de certains pays, comme l’Italie ou les États-Unis, peut-être pour des raisons de fournisseurs ou d’accords commerciaux. J’essaierai de modifier la carte de temps à autres.

Enfin, et peut-être surtout, le discours sur les vins est légèrement différent de ce que nous sommes habitués à connaître en Europe. L’entrée par « cépage », comme le montre la capture d’écran ci-dessous, est essentielle.


Source : Amazon.cn ; capture d’écran en date du 7 octobre 2013.

Et si l’on se réfère à ce qu’Amazon peut vendre en ligne aux États-Unis, on notera que la définition de la catégorie « vin » n’est pas aussi stricte qu’en Europe. Par exemple pour le Japon, du saké et du vin aromatisé au thé (« artificiel et naturel » sic) sont proposés.

Origine des vins vendus par Amazon US
(cliquer sur la carte pour l’agrandir)
Carte_Amazon_US
Source : Amazon.com ; capture d’écran en date du 7 octobre 2013.

C’est aller à l’encontre de la définition du vin admise par les pays membres de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin : « Le vin est exclusivement la boisson résultant de la fermentation alcoolique complète ou partielle du raisin frais, foulé ou non, ou du moût de raisin. Son titre alcoométrique acquis ne peut être inférieur à 8,5% vol. » (OIV, Définition de base (18/73). Cette définition reprend une loi française de 1889, dite loi de Griffe.
Une définition qui exclut tout autre type de fruit, et en toute logique, toute aromatisation. Ce qui n’est pas le cas ici.

Rappelons-le, les États-Unis ne font plus partie de l’OIV, justement parce qu’ils considèrent cette réglementation comme trop restrictive. Ne freine-t-elle pas la possibilité d’industrialiser le secteur du vin pour en faire un produit de consommation courante ?
Une idée qui fait son chemin en Europe même : après l’essor des vins aromatisés aux copeaux de bois (permis depuis 2006 dans l’élevage des vins hors AOC, depuis 2009 pendant la fermentation, et « à l’essai » dans certaines AOC), les vins… pardon… les boissons à base de vin aromatisé au fruit font un tabac dans les supermarchés. Blanc au sirop de pêche, rouge au goût de fraise artificielle.

Le monde du vin évolue très rapidement.

Merci à H.W. pour la traduction.

Investissements chinois à Bordeaux… et ailleurs

Il n’est pas de grand vignoble qui ne soit concerné par les investissements étrangers : la Champagne (citons les Heidsieck, Krug), le Porto (Croft, Niepoort), et bien sûr Bordeaux (avec par exemple les négociants Cruse ou Schroder & Schyler). Autant de noms qui témoignent d’échanges importants depuis le XVIIe siècles (et même avant) entre les vignobles européens et les régions consommatrices du Nord de l’Europe. Le quartier des Chartrons à Bordeaux, dévolu au négoce du vin, témoigne par son temple protestant de cette histoire.

Avec la globalisation de la planète des vins, les investissements changent d’origine : américaine hier encore, chinoise aujourd’hui. Et la « Place de Bordeaux » ne cesse de bruire de nouveaux achats : les plus récents sont ceux du château Loudenne (Médoc) ou encore de certaines propriétés de l’oenologue Michel Rolland. Même CNN en parle.

Plusieurs remarques à ce propos. Tout d’abord, cela se produit dans un contexte général de ventes qui pour certaines d’entre-elles passent assez inaperçues (par exemple Calon-Ségur ou un château moins connu mais acquis par le marchand anglais Laithwaites). Certains groupes comme Clarence Dillon (déjà propriétaire des châteaux Haut-Brion et La Mission Haut-Brion) mènent depuis quelques temps d’ambitieux achats de domaines : Tertre Daugay (rebaptisé Château Quintus), le Domaine Allary Haut-Brion, et plus récemment le Château L’Arrosée. Enfin, des investissements chinois sont également effectués dans d’autres vignobles, en Bourgogne (région dans laquelle un déchaînement de xénophobie est apparu), mais surtout en Californie, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Un responsable du groupe COFCO a déclaré qu’il y aura bientôt des vins Great Wall [Grande Muraille] produits en Chine, mais aussi en Australie, au Chili et en France… Il est remarquable de noter que Christie’s a ouvert à Hong-Kong une agence spécialisée dans la vente de domaines viticoles.
À vignobles globalisés, stratégies globales.

Mais paradoxalement, des résistances régionales ? Si l’on compare la carte des principales rénovations architecturales, et celle des investissements d’origine chinoise à Bordeaux, on voit qu’elles ne se superposent pas.

Les Principales rénovations et créations architecturales à Bordeaux

Les Investissements chinois dans le vignoble bordelais

Alors que la première fait apparaître les espaces les plus réputés du vignoble bordelais (Médoc, Saint-Émilion, et Pessac-Léognan), les achats de domaines par les Chinois se font plutôt en périphérie : extrémité Nord du Médoc, marges de Saint-Émilion, lointain Entre-Deux-Mers. Manque de réseaux ? Difficultés à pénétrer le monde du vin bordelais ?