Paysages du vin : Barolo et Barbaresco (Italie)

Le village de Barolo.

Il n’est sans doute pas beaucoup de vignobles en Europe qui aient connu une telle croissance que ceux de Barolo et de Barbaresco (de part et d’autres de la ville d’Alba, région du Piémont). Ils sont passés en une trentaine ou une quarantaine d’années d’une situation de polyculture, sans notoriété aucune, à une spécialisation totale dans le domaine viticole, avec une renommée mondiale. Une trajectoire qui fait davantage penser à des vignobles du Nouveau Monde, Australie, Nouvelle-Zélande ou Chili. Mais on est bien en Europe.

Le village de Barbaresco.

Ce qui a déclenché la croissance du vignoble, c’est le projecteur que la presse américaine a braqué sur certains producteurs à partir du milieu des années 1980, comme Angelo Gaja. Barolo et Barbaresco sortent du néant pour devenir deux des vignobles parmi les plus encensés au monde par la critique internationale.

Copie d’écran de l’application pour iPhone. Source.

Tout est allé très vite, tant et si bien que le vignoble a d’ores et déjà établi une cartographie de ses « crus » sur un modèle bourguignon. Alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de parcelles. Mais comment jouer au plus vite dans la cour des grands, si ce n’est en communiquant sur ses terroirs ? Avec une communication à la pointe du progrès, puisque disponible dans les applications vendues par Apple. Comme il s’agit des crus « officiels », la boucle est bouclée ; le vignoble est devenu riche de multiples terroirs. Un beau syllogisme. Barolo et Barbaresco sont désormais à l’égal des plus prestigieux vignobles mondiaux.

Parcellaire viticole sous le village de La Morra. On regardera aussi celui du village de Barbaresco ci-dessus.

La rectitude du parcellaire est impressionnante, comme si tout venait d’être dessiné. C’est une hypothèse, mais on dirait bien que les parcelles ont été reconstituées à mesure que les viticulteurs plantaient des vignes. On voit bien la différence avec un parcellaire ancien, comme celui du Canyon de Sil (Galice, Espagne) par exemple.

Parcellaire ancien et moins ordonné du Canyon de Sil.

Il en va de même avec les petites cahutes qui servent aux vignerons à déposer leur outillage : elles sont flambant neuves, et ont été construites pour répondre à l’impérieuse demande mondiale en vins régionaux.

Cahute vigneronne fraîchement bâtie.

Que devait-on trouver auparavant sur ces coteaux ? Des vignes et des cultures arbustives très certainement, mais davantage aux pieds des villages comme on peut encore plus ou moins le voir à Montalcino (Toscane, Italie).

Village de Montalcino (Toscane).

Plus loin, de nombreux coteaux devaient servir de pâturage pour le bétail. On voit encore ici ou là quelques petites maisons, certainement utilisées par des pasteurs. Les céréales devaient prendre la plus grande place du finage.

Tout ceci a été bouleversé en un temps record. A vue d’œil, il ne reste plus beaucoup de place pour planter des vignes… Une évolution digne de celles des vignobles du Nouveau Monde. La mondialisation dans le domaine des vins touche bel et bien nos régions viticoles.

Une nouvelle page : la documentation sur la vigne et le vin


1995


2012
Les exportations françaises de vin 1995-2012

Vous rêviez de comparer les exportations françaises de vin dans le monde sur une dizaine d’année ? L’Observatoire de la complexité économique propose de créer des graphiques faciles à lire. Par exemple pour le vin.

Vous souhaitez obtenir des données sur les terroirs (au sens restrictif du terme) de la Loire, e-terroir est pour vous.

Copie d’écran à la hauteur de la commune de Faye-d’Anjou

Ou encore connaître la production de vin par commune dans l’Aude ? Consultez l’Observatoire de la viticulture française.

Copie d’écran de la Récolte totale de vin par commune dans l’Aude (2013)

Je vais donc regrouper sur une page spéciale différentes informations sur le vin. En France bien sûr, mais aussi à l’étranger. La page sera d’abord « en construction », mais accessible, avant d’atteindre je l’espère sa vitesse de croisière…
N’hésitez pas à me joindre pour me faire part de vos observations ou informations intéressantes.

Holly[wine] ou le vin dans le cinéma américain

Vins et vignobles dans le cinéma américain

Un billet plutôt inhabituel. Venant de publier un texte sur la relation vin et cinéma américain dans la revue Les Annales de Géographie (Mai-Juin, vol. 123, n° 697, p. 867-889), et n’ayant pas pu tout insérer, je profite de ce blog pour ajouter certaines données. Deux images et la filmographie.

Pour ceux que cela intéresse, l’article Holly[wine] ou le vin dans le cinéma américain

est disponible en ligne*.

Résumé de l’article :
Soixante-quinze ans après la Prohibition, les États-Unis d’Amérique sont devenus le premier consommateur mondial de vin et le quatrième producteur mondial. Le rôle du pays est comparable à l’échelle mondiale à ce que fut celui de l’Angleterre des XVIIIe et XIXe siècle pour l’Europe : une plaque tournante de l’économie viti-vinicole, un pays prescripteur de goûts, avec un remarquable effet de construction ou de transformation des territoires du vin. Le cinéma américain tend à refléter cette nouvelle passion de la société pour le vin. Tout l’intérêt est de comprendre le discours qu’il tient à ce propos, ainsi que l’imaginaire qu’il bâtit autour de cette boisson. Le vin est presque devenu banal en ce qui concerne ses apparitions à l’écran, non dans ce qu’il signifie. Car l’Amérique cherche à se débarrasser des anciens codes qui encadrent le vin pour en proposer de nouveaux, sensés être plus démocratiques.

En relation avec la note infrapaginale 13 :

Le vin, boisson conviviale par excellence

Source : Affiche de promotion du film Sideways (2004) d’Alexander Payne.

En relation avec la note infrapaginale 14 :
Marilyn Monroe : « Did you ever drunk a potato chip in champagne? It’s real crazy »

Source : Sept ans de réflexion (1955) de Billy Wilder avec Marilyn Monroe et Tom Ewell.

Enfin, pour accéder à la filmographie, cliquez sur le lien ci-dessous :
Filmographie


* Je ne touche aucun droit sur sa vente.