Dictionnaire de Nantes (et muscadet)

Le Dictionnaire de Nantes, sous la direction de Dominique Amouroux, Alain Croix, Thierry Guidet, Didier Guivarc’h, vient de sortir en librairie.

Une somme magistrale sur Nantes… et ses environs. Le vignoble nantais n’est pas oublié, j’ai eu la chance de pouvoir participer à cet ouvrage. Trois entrées sur le vignoble : « muscadet », « gros-plant » et « Vin (commerce du) ».

J’avais proposé une iconographie qui n’a pas été retenue, j’en profite pour la mettre ici.
Une carte du vignoble.

Carte_vignoble_nantais2

Et des copies d’écran de films dans lesquels on peut voir du muscadet ou du gros-plant !

Les Valseuses : 1 h 09′ 37
Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Jeanne Moreau boivent du Muscadet au restaurant
Film de Bertrand Blier, 1974

Une Chambre en ville : 9’31
« Voulez-vous un verre de gros plant ? » propose Danièle Darrieux à Richard Berry,
Réalisation Jacques Demy, 1982.

En vidéo :
Le Grand Restaurant : 13′ 32
Louis de Funès et Paul Préboist :
Réalisation Jacques Besnard, 1966.

J’ajoute une copie d’écran d’un film que j’ai revu récemment, Les Demoiselles de Rochefort (1967). Il semblerait que le vin que Danielle Darrieux serve aux deux danseurs de la troupe (George Chakiris et Grover Dale) soit du muscadet. Difficile de statuer définitivement. Mais Jacques Demy étant nantais, je ne serais pas surpris qu’il s’agisse d’un petit clin d’œil à la ville. Ce qui compléterait la célèbre réplique de Maxence le marin :
« Je pars en perm’ à Nantes ».

Enfin une perspective prise depuis la butte de la Roche (Le Loroux-Bottereau) qui permet d’embrasser à la fois le vignoble, le marais de Goulaine et la ville de Nantes en arrière.

Un des lieux du vignoble nantais où de jeunes producteurs réalisent aujourd’hui des vins de grande finesse, je pense tout particulièrement à Pierre-Marie Luneau et son muscadet « Terre de pierre« .

Les jeunes et le vin, un frémissement ?

Les données sont passées complètement inaperçues, mais une étude de France Agrimer montre un renouveau de la consommation du vin chez les jeunes français. Déjà depuis quelques années pour les 15-19 ans, et depuis moins longtemps pour les 20-24 ans, les courbes s’inversent.


Source : France Agrimer, Etude quinquennale 2010 sur la consommation de
vin en France
, 27 novembre 2012.


Source : France Agrimer, Etude quinquennale 2010 sur la consommation de
vin en France
, 27 novembre 2012.

Après des années d’érosion de la consommation du vin chez les jeunes, la tendance est à la hausse. Il est certes difficile de savoir ce qu’il en sera demain, la tendance peut s’annuler.

Mais, car il y a un mais, on notera que les chiffres portent sur les consommateurs réguliers (c’est-à-dire ayant une consommation journalière ou presque journalière, posant certainement un problème de santé publique pour des adolescent…), ce qui traduit sans doute un certain enracinement de la pratique. En outre, cela s’inscrit dans un mouvement de fond : le vin a globalement bonne presse dans nos sociétés, et si l’on boit certes moins, on boit mieux. A l’encontre d’un texte paru dans Le Monde (28 mai 2004), j’avais réagi en évoquant un nouvel amour du vin ! Pour Jancis Robinson, le vin est même devenu « glamour ».

Pour les jeunes, il semble que l’on puisse évoquer un phénomène mondial. Aux États-Unis, les plus jeunes ou la génération Millenium s’intéressent vivement au vin. Et tous les médias qui s’adressent à ces jeunes ou moins jeunes présentent fréquemment du vin. Il existe des variantes, mais le discours autour de cette boisson est plutôt positif, que ce soit à travers les mangas (Les Gouttes de Dieu, et Sommelier), les films (Friends with Kids), les séries TV ou encore la musique.

Un extrait de la Série TV Homeland (Saison 1 épisode 10 à 31′)

Une bouteille de vin chilien, de l’entreprise Concha y Toro.

Encore une vidéo très à la mode avec du Cognac à la 2’20 minute :

Tiens tiens, on retrouve Robin Thicke sur le site de Rémy Martin :

Copie d’écran du site faite le 18 octobre 2013.

Croyez-vous qu’il y ait un gros contrat derrière ? D’ailleurs, la version « non censurée » de la vidéo fait référence à tout autre chose…

Toujours est-il que le vin est devenu omniprésent dans l’univers médiatique des jeunes et des trentenaires.

Vendanges à Haut-Brion et à la Mission Haut-Brion (Aquitaine)

Dernières vendanges à Haut-Brion et à la Mission Haut-Brion, le temps s’est obscurci, la pluie est annoncée. Les dernières parcelles sont vendangées, alors que celles déjà récoltées rougeoient à grandes vitesse, avant de devenir jaunes d’ici peu.


La Mission Haut-Brion

La Mission Haut-Brion

Ces deux domaines d’exception utilisent des tables de tri, et une machine de tri optique (en arrière sur la photo), pour sélectionner uniquement les baies de meilleure qualité. Tout ce qui est indésirable sera supprimé. Cela permet aussi de réduire l’effectif des équipes ; on comprend le gain pour les domaines.


Haut-Brion


Haut-Brion

La vinification se fait dans des cuves en inox, utilisées dans les grands châteaux du Bordelais depuis les années 1970.


Haut-Brion

L’élevage des vins, effectué sur deux années, est réalisé dans le chai avec des barriques de chêne neuves produites par les plus grands tonneliers français (Séguin-Maureau ici).


Haut-Brion

Les vins sont déjà vendu : le système des « primeurs » de la place de Bordeaux fait que les négociants ont acheté les vins dès le printemps qui a suivi la récolte. Rien n’est vendu directement, tout passe par le négoce bordelais qui détient l’exclusivité de la commercialisation. La façade du château (2e moitié du XVIe siècle pour la partie droite) sera représentée sur les étiquettes de Haut-Brion.


Haut-Brion

Merci au Domaine Clarence Dillon, et à l’équipe du Service du Patrimoine et de l’Inventaire (SRPI) de la Région Aquitaine.
Photographies prises le 11 octobre 2013.